Moyen-Orient [Abonnés]

Au Liban, le territoire comme objet de la guerre

Au pays du Cèdre, la guerre détruit les conditions du retour des habitants. Villages rasés, terres contaminées, infrastructures anéanties : chercheurs et autorités libanaises dénoncent une stratégie visant à rendre le territoire inhabitable sur le long terme.
À Beyrouth, Muriel Rozelier Le lundi 1 juin 2026
Les bulldozers de l’armée israélienne causent parfois davantage de dégâts que les bombardements eux-mêmes. © Jalaa Marey / AFP

À l’école Hajj Miriam de Tyr, sur la côte méditerranéenne, à 30km d’Israël, Mohammed fait défiler les images de sa maison et de son village de Zebqine. La bâtisse de pierre entourée d’oliviers appartenait à sa famille «depuis près de deux siècles». Il n’en reste qu’un amas de gravats compactés, d’où émerge un mur de guingois. «Voilà ce qu’ils ont fait», lâche cet homme, déplacé dès les premiers affrontements entre le Hezbollah et Israël en 2023, en évoquant les destructions méthodiques menées par Tsahal au sud du Liban. «On a vu Gaza: on savait, mais on n’imaginait pas ça ici. On se disait: la communauté internationale ne laissera pas faire.»

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