Glaciers : un risque majeur pour l’humanité
Les géants de glace reculent à un rythme désormais historique. En 2024, les 19 grandes régions glaciaires du globe avaient enregistré une perte nette de masse pour la troisième année consécutive, avec un déficit total d’environ 450 milliards de tonnes de glace, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le World Glacier Monitoring Service (WGMS). Depuis le début des relevés en 1975, les glaciers — hors calottes du Groenland et de l’Antarctique — ont perdu plus de 9.000 milliards de tonnes. Les pertes les plus fortes, en proportion, concernent l’Europe centrale, où les Alpes et les Pyrénées ont déjà perdu environ 40% de leur volume en un peu plus de vingt ans. D’autres régions apparaissent particulièrement vulnérables, comme la Scandinavie, le Caucase, la Nouvelle-Zélande, le nord de l’Asie et les tropiques, où l’OMM estime que la plupart des glaciers ne survivront pas au XXIe siècle au rythme actuel.
LES PYRÉNÉES ET LES ALPES DUREMENT TOUCHÉES
Entre 2000 et 2023, les glaciers mondiaux ont perdu en moyenne 5% de leur volume initial. Les années 2022, 2023 et 2024 figurent parmi les pires jamais observées. Les risques qui découlent de ce phénomène vont bien au-delà de la disparition de ces majestueux paysages: la fonte perturbe le cycle de l’eau, menace l’approvisionnement de centaines de millions de personnes et accroît les tensions sur les châteaux d’eau de montagne. Elle alimente aussi la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière et les risques d’inondation par vidange de lacs glaciaires — comme au hameau isérois de la Bérarde, ravagé en 2025 — ainsi que les glissements de terrain et l’instabilité des pentes. Les estimations pour les années à venir sont encore plus inquiétantes. Sur la trajectoire actuelle de réchauffement climatique, le WGMS évoque la disparition annuelle de 750 à 800 glaciers dans le monde (sur un total de 250.000 glaciers environ), et jusqu’à 4.000 par an au milieu du siècle si la tendance se confirme.

