La Cour des comptes alerte sur l’écart entre ambitions et réalité
Il y a un décalage entre les objectifs affichés en matière de géothermie et son déploiement effectif, encore très limité en France malgré un fort potentiel, pointe la Cour des comptes dans un rapport publié le 13 janvier et centré sur les dispositifs de soutien public destinés à accélérer son développement. Énergie locale, renouvelable et décarbonée, la géothermie ne couvre aujourd’hui qu’environ 1% des besoins en chaleur. Malgré ses atouts, la Cour constate «l’écart persistant entre des objectifs ambitieux et un déploiement freiné par des coûts d’investissement élevés, des risques techniques, ainsi que par la complexité et la lenteur des procédures». Les aides existantes n’ont pas permis, à ce stade, «de lever les freins structurels au développement de la géothermie», estime la Cour. La géothermie de surface reste peu développée, notamment dans le logement collectif, rendant l’objectif de tripler la production de chaleur d’ici 2035 «peu réaliste en l’état». La Cour recommande une «simplification des règles, la priorisation des soutiens et le développement d’outils organisationnels et juridiques plutôt qu’une augmentation des subventions».
Jugée compétitive, la géothermie profonde calogène demeure freinée par des investissements lourds et «des incertitudes sur la ressource géologique». La géothermie électrogène, marginale en métropole, constitue en revanche «un enjeu stratégique pour les territoires ultramarins». La Cour plaide pour un cadre plus lisible et plus efficace, reposant sur une meilleure articulation des aides, une clarification de la gestion des risques et un renforcement de la connaissance du sous-sol. Trois priorités sont identifiées: «relever le seuil de la géothermie de minime importance, clarifier la doctrine d’allocation du fonds de garantie pour la géothermie profonde et réviser les dispositifs de couverture du risque de forage, en particulier dans les outre-mer».

