L’art lumineux de Franck Gehry
Du côté d’Arles, c’est peu dire que l’édifice était attendu avec circonspection. Avec ses 56m de haut, la tour Luma imaginée par l’architecte star Frank Gehry, auteur du musée Guggenheim, à Bilbao, et de la fondation Louis-Vuitton, à Paris, s’est pourtant imposée au côté des incontournables arènes romaines et du théâtre antique comme l’un des marqueurs architecturaux du paysage local.
Édifiée entre 2014 et 2021, la tour, composé d’acier, de béton et de verre, abrite la bagatelle de 15.000m2 de surfaces intérieures. Sa façade torsadée, composée de 11.000 briques en acier inoxydable et de 53 volumes vitrés, capte admirablement — comme sur cette photo — les variations lumineuses du ciel provençal. Gehry, décédé le 5 décembre dernier à l’âge de 96 ans, revendiquait d’ailleurs pour ce bâtiment une inspiration «minérale», puisée dans les paysages tout proches des Alpilles.
HÉRITAGE PLANÉTAIRE
Fer de lance de la politique culturelle inspirée par la mécène Maja Hoffmann, lieu de découverte et d’expositions, la tour Luma abrite à sa base le Drum, une rotonde de verre de 54m de diamètre, inspirée du dessin des arènes, culminant entre 16 et 18m et supportant 670 tonnes de vitrage. La tour Luma, dessinée avec l’aide du logiciel de Dassault System «Catia», est l’un des derniers bâtiments conçus par Frank Gehry, dont l’héritage monumental, constitué d’une architecture libérée des contraintes classiques, parsème aujourd’hui les continents, de Paris à Panama City en passant par Los Angeles.

